Restauration de la mosaïque gallo-romaine de Séviac

CDT32_0076097_OR_BD

Restauration de la mosaïque gallo-romaine de Séviac ! À découvrir cet été en avant-première au coeur du Gers, à Eauze et Montréal-du-Gers.

Après vingt ans de travail acharné de quelques passionnés, le projet de mise en valeur et de restauration de la villa gallo-romaine de Séviac voit enfin de jour. Les travaux, qui ont débuté à l’automne dernier, vont s’échelonner jusqu’au printemps 2018.

Ils consistent en trois étapes :
> le remplacement de la couverture
> la création d’un hall d’accueil
> la restauration des mosaïques.

200 m² de mosaïques ouverts au public

En attendant la repose sur site de ces dernières, on peut les admirer cet été en avant-première à Eauze, dans la chapelle du vieil hôpital et à Montréal-du-Gers, dans l’atelier de restauration. Pour la première fois, 200 m² de cette fresque est présentée au grand public à Eauze et à Montréal-du-Gers. Ce projet de rénovation a été porté par Michel Laffargue, appuyé par l’expertise de Patrick Palem.

2 000 ans d’histoire en plein coeur du Gers : le luxe au IVème siècle après JC

Aujourd’hui, dans le village de Eauze, on peut admirer ce vestige exhumé et en parfait état du IVe siècle après JC. C’est à ces exceptionnels tapis de mosaïques polychromes ornant ses sols et galeries que la somptueuse villa de Séviac, située à Montréal-du-Gers, doit sa célébrité.

Production de « L’école d’Aquitaine », ils se caractérisent initialement par des trames et des décors géométriques, puis par l’apparition de motifs végétaux, débouchant, dans le second quart du Ve siècle, sur des réalisations très originales comme la mosaïque aux arbres.

Elusa, Capitale Antique : un pôle archéologique inestimable

elusaCe sont deux sites archéologiques exceptionnels et un musée labellisé Musée de France qui attendent les visiteurs à Eauze :
> 200 m² de mosaïques restaurées
> le musée du Trésor d’Eauze, recelant un trésor daté du IIIème siècle, composé notamment de 28 000 pièces de
monnaie
> une promenade dans les ruines restaurées d’une ancienne maison de Maître gallo-romaine, la Domus de Cieutat

La villa de Séviac et ses mosaïques

Classée Monument Historique, la Villa de Séviac était l’une des plus vastes et luxueuses résidences du Sud-Ouest de la Gaule. Ce palais rural, monumental du Bas-Empire romain de 6 500 m, doit actuellement sa célébrité à ses vastes thermes (bains privés de 500 m²) et à ses exceptionnels tapis de mosaïques polychromes, qui dessinent sur 450 m² des motifs géométriques et ornementaux.

Datée du IIe au Ve siècle de notre ère, découverte en 1864 et révélée à l’issue de 30 ans de fouilles, la Villa de Séviac témoigne d’un luxe inégalé dans la région et permet de prendre la mesure du cadre de vie d’une famille d’aristocrates terriens des IVe et Ve siècles. Située au coeur d’un ensemble agricole et viticole, la Villa domine la campagne environnante. Elle possède un plan classique mais monumental, organisé autour d’une grande cour à péristyle qui correspond à sa configuration au IVe siècle.

La Villa de Séviac illustre la façon dont la mosaïque était utilisée comme élément de décoration intérieure d’une grande villa à péristyle de l’Aquitaine méridionale : elle y joue un rôle essentiel, tant pour la décoration des galeries et des couloirs que des salles de réception et des thermes. Les compositions sont essentiellement géométriques ou florales et déclinent des thèmes privilégiés, comme l’acanthe et la vigne.

La mosaïque occupe une place importante du décor au sol. Elle recouvre initialement les espaces de circulation (galeries du péristyle) et les espaces ouverts au public (vestibule, thermes), puis gagne en importance : dans la première moitié du Ve siècle, elle orne plus de 55% des sols de la demeure. Production de « L’école d’Aquitaine », elle se caractérise initialement par des trames et des décors géométriques, puis par l’apparition de motifs végétaux, débouchant, dans le second quart du Ve siècle, sur des réalisations très originales comme la mosaïque aux arbres. Figurant des espèces végétales difficilement identifiables, celle-ci couvre le seuil séparant les deux espaces de la salle basilicale.

Le Gers, témoin de l’Histoire

jacobinsAu-delà du pôle archéologique Elusa, Capitale Antique, le Gers compte de nombreux sites témoins de la richesse archéologique du territoire.

À Lectoure, le Musée archéologique présente des ensembles d’archéologie gallo-romaine trouvés sur le site même de la ville antique et aux alentours. Il se distingue surtout par une collection d’autels de culte dits « tauroboliques », du II° et III° siècle de notre ère.

Le Musée des Jacobins, à Auch, comprend également une section dédiée à l’archéologie gallo-romaine et médiévale.

Récemment encore, des travaux de fouilles archéologiques, réalisés dans le cadre de travaux, ont révélé les vestiges d’une habitation datant de 600 av. JC, sur le parvis de la Cathédrale.

Toujours à Auch, un autre chantier archéologique d’importance vient d’être révélé en ce début de mois de juillet par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) avec la découverte d’une immense et opulente demeure aristocratique gallo-romaine. Cette domus est d’autant plus remarquable qu’elle est dotée d’un impressionnant ensemble thermal privé, très rare à l’époque. L’institut a annoncé que les mosaïques seront restaurées et, par la suite, présentées au public.

 © Collection Tourisme Gers/Elusa Capitale Antique/Maskarade/E. Charles – Conservation Départementale du Patrimoine et des Musées/D. Martin – Fiets (wandel) contreien